L’amalgame et la désinformation autour des mises en examen de personnes passées par Riaumont ont déjà été entretenus par des dizaines d’articles. Le but étant de faire croire (comme l’écrivait encore France Bleu et BFM le 28 mai 2025) « que six prêtres ont été mis en examen ces derniers mois pour des faits de "viols", "agressions sexuelles" et "violences physiques". »

Il a fallu l’intervention de l'Avocat de Riaumont pour que soit ajouté un droit de réponse au podcast du Parisien du 14 mai 2025. Pour entamer des procédures de parjure et diffamation jusque devant l’Assemblée nationale. Pour faire réécrire des articles comme Golias (22 mai 2025) qui parlaient de « crime » au lieu d’ « infraction », sans même faire état de l’appel interjeté par le P. Alain.

En effet au printemps 2025, suite à son premier procès au terme de huit années de "mise en examen", le P. Alain Hocquemiller a été relaxé des chefs d’accusations de détention de fichiers pédopornographiques et a poursuivie pour diffamation fait appel pour ce que le Tribunal correctionnel de Béthune qualifie encore de consultation.

L’article publié alors par La Vie le 6 mai 2025 est typique de ce genre de manipulation qui ne sera partiellement corrigé qu’à force d’interventions et contraintes juridiques. Il s’agissait encore d’une interview d’Ixchel DELAPORTE, exclusivement à charge, sans contradiction, ni pluralité de sources. Cette journaliste militante a récidivé de même le 28 mai dans le magazine TV Hauts-Féminin, sans aucun contradictoire alors qu’elle est déjà poursuivie pour diffamation pour son docu-fiction sur Arte.

Regardons de plus près cet article typique de ces manquements déontologiques graves qui aboutissent à une information partisane, déséquilibrée, totalement dépourvue des garanties élémentaires de rigueur, d’équité et de transparence, tel que devrait être le travail journalistique. La Vie y contrevient au principe d’exactitude et de véracité de l’information à plusieurs reprises.


Informations mensongères

• En premier lieu, il y avait (dans sa version initiale publiée le 6 mai 2025) une légende figurant sous la photographie de l’article affirmant que : « Alain H., prêtre de la communauté de Riaumont (à droite), a été condamné le 6 mai 2025 pour détention d’images pédopornographiques ».

Or, cette affirmation de condamnation pour détention est aussi fausse que les prétendus "milliers de fichiers pornographiques" que son ordinateur aurait détenus (encore une autre fake-news répandue par plusieurs journaux et reprise sur les réseaux sociaux).

En effet, le Tribunal correctionnel de Béthune a expressément relaxé le père Alain H. de ces chefs d’accusation de détention d’images pédopornographiques. La seule condamnation qu’il a prononcée en mai 2025 concerne le délit de consultation d’images pédopornographique (ce qui constituerait bien une infraction, mais juridiquement distincte et moins gravement sanctionnée). La confusion entretenue entre ces deux qualifications pénales vise à maintenir une perception erronée et injustement aggravée des faits reprochés, en violation de la vérité judiciaire.

• En second lieu, le sous-titre de la version initiale de l’article du 6 mai 2025 indiquait que la communauté « fait l’objet de plusieurs plaintes pour viols ». Or cette formulation est tout aussi inexacte et gravement calomnieuse. Aucun membre de la communauté de Riaumont n’est à ce jour visé par une procédure judiciaire pour viol. Depuis 5 ans ces religieux sont l’objet d’une information judiciaire pour des faits de violences légères, lesquels sont d’ailleurs fermement contestés par les intéressés. Ce n’est pas la même chose !


Absence d’offre de réplique

L’article de La Vie montre clairement qu’aucune offre de réplique ou de contradictoire n’a été adressée aux personnes mises en cause, qu’il s’agisse du père Alain H. ou de la communauté de Riaumont. La journaliste n’ a même pas tenté de solliciter leurs réactions, recueillir leurs déclarations ou même mentionner un éventuel refus de s’exprimer. Aucun membre de la communauté n’a été contacté en amont de la publication.

Une telle carence a du coup contraint Riaumont à exercer son droit de réponse, formellement adressé au directeur de la publication de La Vie par son avocat, dès le 9 mai 2025. Le directeur de la publication disposant d’un délai de trois jours pour faire paraître la réponse, ou à défaut, y répondre de façon motivée.

Or, la seule réaction du journal n’est intervenue que dix jours plus tard (19 mai 2025), et pour refuser de façon lapidaire cette demande légitime. Un tel refus, tardif et non motivé sur le fond, constitue encore une absence manifeste de prise en compte -même a posteriori- de la parole des intéressés mis en cause gravement.

Il résulte de cette double violation du respect du contradictoire, avant comme après la publication, un article déséquilibré, reposant sur une source unique et exclusivement critique, sans aucun contrepoint. Ce procédé rédactionnel mine non seulement sa crédibilité journalistique, mais porte également atteinte aux droits fondamentaux des personnes citées.


 Non-rectification d’erreur

L’article de La Vie, dans sa version initiale publiée le 6 mai 2025, comportait donc au moins deux inexactitudes graves relevées ci-dessus : mauvaise qualification pénale de la condamnation du père Alain H., et évocation infondée de procédures pour viols visant la communauté de Riaumont.

Or, après réception d’un droit de réponse adressé par l’avocat, ces éléments ont été modifiés silencieusement dans une version en ligne datée du 12 mai 2025. Pourtant, à aucun moment l’article ne signale clairement au lecteur les erreurs initiales ni les raisons des modifications. Et les lecteurs du journal papier n’en sauront rien.

Si l’on en croit les bonnes pratiques journalistiques et les recommandations du CDJM, la rectification d’une information erronée publiée se doit d’être « signalée de manière explicite, loyale et accessible ». Cela étant d’autant plus nécessaire lorsque les erreurs initiales portent sur des faits graves.

Plus encore, alors que la version initiale fautive du 6 mai était accessible à tous les lecteurs en accès libre, la version modifiée du 12 mai est désormais réservée aux abonnés en ligne. Ce changement de régime de visibilité ayant pour effet de limiter fortement bien-sûr la diffusion de la version corrigée. Le public ayant pris connaissance des inexactitudes d’origine n’a donc, sauf abonnement, aucun moyen de consulter la version rectifiée ni d’identifier les modifications. Ce défaut manifeste de signalement et de publicité des corrections aggrave la portée des erreurs initiales et empêche le rétablissement effectif de la vérité auprès des lecteurs.

Ce n’est que deux mois après qu’on verra apparaître, et uniquement sur le site de l’édition en ligne, notre droit de réponse !..



Même le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation reconnait dans ce cas qu'une telle rectification "en douce" demeure malhonnête :

"... une erreur significative dans le sens où elle modifie de façon substantielle le sens de l’information publiée. Dans ce cas, la rectification aurait dû être expressément signalée au lecteur. Elle ne peut pas être considérée comme « explicite, complète et visible » comme le prévoit la Charte d’éthique mondiale des journalistes (FIJ, 2019, article 6). Le grief de rectification incomplète d’erreur est donc fondé."

(Avis sur la saisine n° 25-102 de Riaumont, adopté en réunion plénière du 25 novembre 2025).

 

 

Que dire alors de ce qu'ont osé écrire en mars 2024 le Parisien, Sud Ouest, Ouest-France, ou encore Le Point ?