Suite à la convocation par la police au sujet du Village d’enfants de Riaumont j'ai ressorti des photographies et je me suis replongé avec nostalgie dans cette période-là.
C'était en 1990. A l'époque j'habitais Liévin, j'avais 13 ans et je commençais à mal partir. Avec des copains nous étions rentrés par escalade dans le monastère et nous avions fouillé et dérobé quelques menus objets dans les cellules des prêtres.
Nous nous étions fait surprendre et nous avions pris la fuite par la forêt. L'un des prêtres nous a coursés et a réussi à m'attraper. Il s'agissait du frère Hervé. Il m'a conduit devant le père Argouarc’h, le responsable du site. Il a appelé mes parents qui sont venus dans l'heure.
Il m'a été donné pour choix soit d'être amené au commissariat pour répondre du vol de timbres postes que j'avais commis, soit, pour payer ma dette, de travailler dans l'établissement, s'occuper des bêtes et faire des travaux de maçonnerie. Avec mes parents nous avons accepté que je reste au centre pour 15 jours, pour payer ma dette.
Lors de mon immersion au Village pendant ces 15 jours de « TIG » mon impression a été très positive. J'ai adoré l'encadrement basé sur le respect, le sens du travail, des responsabilités etc. Tout cela m'a attiré au point de demander d'intégrer la scolarité au sein du village.
Après ces 15 jours, j'ai demandé à intégrer l'école de Riaumont car le fonctionnement de l'établissement me convenait. J'étais en chute libre dans l'école publique et j'avais besoin d'être cadré. Je n'ai subi aucune violence pendant ma scolarité. Je suis resté je pense un an et demi au village d'enfants de Riaumont, jusqu'en 1992."
Ludovic M. à Riaumont en 1991-1992

