"J’étais un enfant perdu, traumatisé, ayant peur de tout le monde. Quand quelqu'un s'approchait de moi, je me mettais à genoux, les mains sur la tête, pour me protéger de peur que l'on me batte.

C'est la protection de l'enfance qui m'a envoyé au village. Grâce aux Pères et aux éducateurs qui m’entouraient j'ai repris confiance en moi, grâce à l’éducation reçu et l'amour.

J'ai appris les valeurs de la vie, le respect. Je serais devenu un délinquant, livré à moi même. Le scoutisme m'a beaucoup aidé. Sous la tutelle du Père Argouarc’h avec de nombreuses sorties hors du village de Riaumont j'ai découvert mon pays et d'autres pays. La nature, avec des jeux de piste, la forêt noire qui reste un souvenir inoubliable, Saint-Cyr Coëtquidan.

Et bien d'autres endroits aussi merveilleux comme la mer, la montagne (j'aimais beaucoup faire du ski et de la luge au chalet), à construire des tables et des bancs avec ce que nous avions sous la main et la nature.

Faire des feux de bois, à chanter, s'orienter dans la forêt avec une boussole et une carte, connaître les étoiles, à écouter la forêt, à observer les animaux, faire des jeux de piste, faire des rencontres avec divers populations savoir ce rendre invisible à respecter la nature ; j'ai appris le latin.

J'aimais beaucoup la marche à travers les villages et la campagne, nous avons fait de très belles rencontres toujours bien accueilli par les gens.

Riaumont m'a rendu l’enfance que je n'ai pas eu.

J'ai aussi appris à pardonner aux personnes qui m'ont fait du mal.

Nous allions à l’école à l’extérieur du village. J'ai appris divers métiers comme la maçonnerie avec Victor, à participer à la construction du village ; la peinture, la charpente, les cloisons, l’électricité, qui m'ont beaucoup servi au court de ma vie.

Beaucoup de détente aussi : match de foot à Lens, le théâtre, le cinéma, la piscine, ballade à vélo, et bien d'autres choses encore.

Bien-sur il y avait des règles à respecter ; cela fait partie de l'éducation comme toutes les grandes familles.

J'ai été dans des familles d’accueil, dans divers pays. Et que dire du père Revet... un homme bon, de valeurs, honnête et très juste. Il nous aimait comme ses enfants.

Puis j'ai fais mon chemin. J'ai été à l’armée, et vue le scoutisme... je me suis très vite intégré à la vie militaire ! J'ai passé mes permis à l'armée. Et je suis devenu chauffeur poids lourds pendant 42 ans.

Je me suis marié, j'ai eu deux filles. J'ai hélas divorcé après 32 ans de mariage pour diverses raisons. Puis l’Afrique m'a attiré comme si j'avais une mission à accomplir. Je suis tombé dans le coma à cause du paludisme cérébrale et typhoïde. Je suis tombé très amoureux de cette femme africaine qui était à mon chevet jours et nuits ; depuis nous sommes mariés et heureux.

Quand je vois toutes la misère ici, je suis resté pour aider de mon mieux. Nous sommes une famille très catholique et j'apprends encore beaucoup.

Je pensais que le village de Riaumont était fermé. Par hasard je suis tombé sur les réseaux sociaux. En apprenant le mal du village alors je me suis manifesté. Je ne pouvais pas laisser dire ces choses, alors j'ai décidé d’apporter mon témoignage.

Riaumont m'a sauvé ils m'ont redonné le goût de vivre d'aimer mon prochain, de rester humble, d'aider mon prochain, d’honorer mon père et ma mère, de tendre la main aux plus démunis. Merci encore Padre ! Ma femme peut témoigner pour vous dire l'homme que je suis devenu grâce à vous.

Je termine en disant "Et in terra pax hominibus bonae voluntatis" (Et Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté)."