Le 2 juillet 2025 une Commission d’enquête « sur les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires » a mis en ligne son rapport en deux tomes1. A cette occasion les corapporteurs ont donné le 3 juillet une conférence de presse largement médiatisée, lors de laquelle le député Paul Vannier a tenu à l’encontre de l’institution du Village de Riaumont des propos injurieux et diffamatoires. 2
-1- La conférence de presse :
Le « Collectif des anciens pensionnaires de Riaumont, victimes de la diffamation », fort de plus de deux cents membres, a répondu par une courte vidéo parodique3 aux propos injurieux et diffamatoires proférés par le député Paul Vannier lors de la conférence de presse du 3 juillet.
Son discours de haine violemment idéologique n’est d’ailleurs que la répétition amplifiée d’accusations infondées proférées devant la Commission d’enquête par madame Delaporte journaliste militante, qui s’est présentée lors de la « table ronde des collectifs de victimes de violences »4 du 20 mars 2025 en porte-parole du « tout nouveau collectif de victimes et anciens du Village de Riaumont », opportunément créé la veille au soir et qui rassemble aujourd’hui encore moins de dix membres !
L’Association de Riaumont a demandé à être entendue par la commission d’enquête à plusieurs reprises ce qui lui a été systématiquement refusé. Dans ce contexte, elle a été contrainte d’adresser un droit de réponse qui n’a pas été inséré sur le site de l’Assemblée Nationale.
-2- Le rapport de la Commission d’enquête :
Le rapport de la commission d’enquête consacre treize pages (pp.75 à 88) au cas du Village d’Enfants de Riaumont dont il cherche à faire un cas emblématique de la problématique traitée par la Commission d’enquête : débordement de violences éducatives et incurie de l’État.
Le choix de consacrer un chapitre entier du rapport à l’institution de Riaumont interroge. De l’aveu même de madame Spillebout, alors que l’affaire Bétharram a suscité plus de deux cents plaintes, celle du Village de Riaumont ne reposait jusqu’au 2 juillet 2025 sur aucune plainte non prescrite… et sur des plaintes prescrites qu’elle affirme « très nombreuses » mais dont elle n’ose pas donner la quantité. La députée se félicite que la médiatisation de l’affaire ait enfin suscité une plainte non-prescrite qui, dit-elle, « va permettre de réouvrir le procès ». Cette prétention d’une parlementaire à tordre le bras de la Justice pour lui faire « réouvrir » un procès commencé en 2013 mais qui n’a jamais été conclus, est contraire au Droit.
Cette volonté délibérée de faire du cas de Riaumont un cas emblématique « pire que Bétharram », en contradiction flagrante avec les données objectives et factuelles du dossier, est celle de la journaliste Ixchel Delaporte, qui s’inquiète de voir l’affaire Bétharram porter ombrage à la carrière de son livre « Les enfants-Martyrs de Riaumont » et a choisi de rebondir sur cette polémique pour en tirer profit.
La Commission d’enquête a-t-elle pour vocation d’assurer la promotion d’un ouvrage qui fait par ailleurs l’objet d’un procès en diffamation depuis le 11 février 2025 ? Les efforts déployés à bon droit par l’Assemblée Nationale pour prévenir les phénomènes de violence éducative ne doivent pas être dévoyés par les amalgames idéologiques et la haine anti-religieuse.
Le chapitre du rapport consacré à Riaumont est par ailleurs grevé de deux mensonges majeurs ainsi que de graves lacunes que nous exposons plus bas (en annexe).
L’Association de Riaumont demande à nouveau que lui soit accordé un droit de réponse, tant aux allégations orales diffamatoires de madame Ixchel Delaporte, de monsieur Paul Vannier et de madame Violette Spillebout qu’aux inexactitudes, omissions coupables, mensonges et falsifications du rapport de la Commission d’enquête.
ANNEXE : Les rapports du Village de Riaumont avec l’État
§-1- Le procès de 1982-1998 :
Les relations difficiles du Village de Riaumont avec l’État depuis sa fondation en 1960 jusqu’au retrait de son agrément en 1981 ont déjà fait l’objet d’un procès administratif qui, au terme de seize années (1982-1998) de procédure, s’est achevé par une condamnation de l’État pour faute grave. La Justice a désavoué la politique de refus de l’agrément définitif dont a souffert le Village de Riaumont, contraint de 1960 à 1981 à fonctionner sous le régime d’agréments provisoires toujours renouvelés. Elle a requalifié ces agréments provisoires du Village d’Enfants en agrément définitif et ordonné que les indemnités de licenciement de l’ensemble de son personnel, abusivement mis à pied en 1982 du fait de l’État, lui soient intégralement remboursées.
Ce fait majeur de l’histoire du Village d’Enfants de Riaumont contredit de façon frontale la thèse fondamentale du rapport… qui choisit donc de l’occulter purement et simplement.
Deux éléments prouvent que cette occultation est délibérée et volontaire :
- D’une part, ce procès et son issue sont explicitement relatés page 223 dans le livre de madame Delaporte6, ingénument présenté par les deux corapporteurs comme leur principale source de renseignement, dont ils valident les thèses les plus extravagantes.
- D’autre part, monsieur Vannier en personne a saisi à Riaumont lors du contrôle sur pièces et sur place du avril 2025 toutes les pièces du dossier relatif à ce procès.
§-2-Rapport de la DDASS relatif à la visite du 20 septembre 2001 :
Quand les corapporteurs n’occultent pas les éléments qui contredisent leurs thèses, ils en livrent une lecture falsificatrice.
C’est le cas du rapport de la DDASS relatif à la visite du 20 septembre 2001 à la suite du suicide d’un enfant dans le Village de Riaumont.
Les corapporteurs écrivent avec dépit que « Si ce second rapport n’établissait pas de lien direct entre les conditions de vie à Riaumont et la mort de l’adolescent, et si l’établissement a bénéficié d’un non-lieu dans cette affaire, une partie de la famille demeure, à l’époque et aujourd’hui encore, convaincue que les dérives de Riaumont ont bien conduit l’adolescent à se suicider. »
En dénonçant sans preuves les « dérives » de Riaumont et prenant fait et cause pour « une partie de la famille » (celle du père démissionnaire de l’enfant ; alors que sa propre mère soutient énergiquement Riaumont),les corapporteurs n’hésitent pas à jeter le discrédit sur le rapport de la DDASS et sur la décision de Justice qui exonèrent Riaumont de toute responsabilité dans cette douloureuse affaire.
Or voici ce qu’on lit dans ce rapport :
Une nouvelle visite inopinée a été réalisée le 20 septembre 2001 de 16h30 à 20h00 afin de vérifier l’intégration des jeunes dans le Village de RIAUMONT. .../…
En accord avec la communauté religieuse, trois groupes d’enfants ont pu être entendus. Les jeunes se sont exprimés librement, certains étant même très loquaces.
L’ambiance scout, omniprésente, attire et intéresse les enfants. La notion de responsabilité et de prise en charge de soi leur semble importante. Aucun référent ne leur est imposé, ce sont les enfants qui choisissent leur « Père spirituel » qui devient très vite leur confident. Cette relation est facilitée par l’attitude ouverte des religieux. Si une certaine discipline est exigée, celle-ci n’entrave pas la libre expression et l’épanouissement des enfants. Ils ont accepté les règles de vie naturellement et apprécient le fait d’être en petits groupes à l’école comme dans leurs activités. L’internat est apprécié par la majorité d’entre eux, notamment grâce aux religieux constamment présents et disponibles "surtout quand on a le cafard".
CONCLUSION : A l’issue de ces constats, et, a priori, la santé et la sécurité des enfants n’apparaissent pas compromises.
Ce rapport n’a donc pas éludé la question brûlante de possibles « dérives » et de l’éventuelle responsabilité de l’institution de Riaumont dans la mort de l’élève. Il y a répondu par une appréciation particulièrement élogieuse de la communauté des religieux de Riaumont. Ecrire que ce rapport « n’établissait pas de lien direct entre les conditions de vie à Riaumont et la mort de l’adolescent » qui s’était suicidé, c’est opérer une lecture falsificatrice de ce document et occulter, pour la falsifier dans l’esprit du lecteur, sa signification réelle.
Ce n’est donc pas dans ce rapport des spécialistes de l’éducation que monsieur Vannier a tiré ses injurieuses déclarations du 03 juillet 2025 selon lesquelles « le village de Riaumont est un enfer, une sorte de bagne dans lequel des générations d’enfants ont été brisés par des prêtres qui les ont fracassés, violés, affamés et qui les ont projetés dans une culture de la violence en les amenant … à se livrer à de véritables batailles rangées avec des haches.»
§-3- Autres éléments relatifs à l’objet de l’enquête parlementaire :
Nous tenons à la disposition de la Représentation Nationale d’autres dossiers qui montrent un aspect des relations problématiques entre elle et les services de l’État que le présent rapport présente de façon radicalement biaisée.
Il ressort de ces éléments que la propension coupable de l’État à se servir de l’institution de Riaumont quand elle lui semble utile sans jamais lui donner les moyens de mener à bien sa mission, quoique désavouée par le jugement de 1982-1998 (§1), n’a jamais cessé.
Si depuis 1982 les visites et inspections de l’établissement de Riaumont par les services de l’État ont effectivement été très rares, elles ont toujours donné de l’institution de Riaumont un tableau résolument positif, comme on vient de le voir (§-2-). >
C’est encore le cas dans le dossier Wüllschleger, du nom d’un jeune ressortissant suisse, scolarisé à Riaumont de 1997 à 2002, pour lequel les services sociaux helvétiques ont demandé à l’ASE française des renseignements circonstanciés. Le rapport de l’ASE, très positif au vu des progrès scolaires et comportementaux du jeune Suisse, concluait par l’opportunité de « poursuivre l’expérience éducative ». Il est à noter que cet avis n’a jamais été communiqué directement à l’Association de Riaumont mais lui est parvenu par le canal de la grand-mère de l’enfant qui le tenait ses services sociaux helvétiques7. Cette opacité des rapports avec l’Administration, qui tranche avec l’objectivité remarquable des fonctionnaires de terrain auteurs des rapports d’inspection, est une donnée qui éclairerait singulièrement l’enquête menée par la Commission d’enquête et pourrait faire l’objet de précieuses préconisations.
Notes :
1 Rapport fait au nom de la Commission des Affaires Culturelles et de l'Education exerçant les prérogatives d'une Commission d'enquête sur les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires, ET PRÉSENTÉ PAR MME FATIHA KELOUA HACHI, Présidente, et MME VIOLETTE SPILLEBOUT et M. PAUL VANNIER, Rapporteurs.
2 Conférence de presse des deux corapporteurs de la commission d’enquête sur Bétharram, le 03 juillet 2025 de 36’45’’ à 37’50’’
3 « Les enfants martyrs de Riaumont ; témoignages », 4èmepartie
4Affaire Bétharram : table ronde de collectifs de victimes le 20 mars 2025 de 26’04’’ à 29’56’’ et de 1h48’21’’ à 1h50’37’’
5 François Bayrou, Bétharram, violences à l’école : entretien avec les députés qui ont enquêté
6 « Les enfants-martyrs de Riaumont », de Ixchel DELAPORTE, p.223 : « Le retrait de l'habilitation se solde par le licenciement d'une quarantaine de personnes. L'association des amis de Riaumont et le père Argouarc'h intentent un procès au préfet d'Arras pour licenciements abusifs. Riaumont gagnera ce procès seize ans après et la justice condamnera l'État à rembourser les indemnités. »
7 Rapport du Service de Protection de la Jeunesse de Genève en date 17 avril 2000 :
J’ai pris connaissance du Projet pédagogique de Riaumont et de l’entretien de Tennessee avec le psychologue du Service de la protection maternelle et infantile du Pas-de-Calais. .../…
Tennessee s’enthousiasme en évoquant sa vie à Riaumont, en me montrant des photos.../…
Pour [la grand-mère de l’enfant] Tennessee ne doit pas être déplacé du lieu (qu’elle connaît) où il s’épanouit peu à peu. Ses dernières notes montrent qu’il s’applique pour rester à Riaumont. .../…
Ce garçon était en échec scolaire et ses difficultés de comportement étaient importantes. .../...
En résumé, il me semble malgré l’écueil de la distance, préférable aujourd’hui de maintenir l’actuel placement de Tennessee. Il paraît trouver peu à peu l’équilibre comme les bases culturelles qui lui manquaient. Un changement pour une des trois institutions genevoises (Boveau, Salvan, St-Clergues) paraîtrait plutôt préjudiciable pour cet enfant. .../…
Pour quelques années encore Tennessee a besoin de stabilité, d’un encadrement actif, dynamique, assurant son suivi scolaire et psychologiquement solide pour gérer fermement mais sans nervosité ni peur ses réactions.
Le Service du Tuteur Général pourrait, le cas échéant, faire appel au psychologue qui a déjà rencontré Tennessee à Riaumont.
Marie Thérèse GANNIEU, assistante sociale.
PS : Du 5 au 26 juillet, Tennessee sera en camp scout avec Riaumont ; il y tient beaucoup.

DROIT DE REPONSE COMMISSION D’ENQUÊTE
Lors de la Table ronde des collectifs de victimes de Violences à l’Assemblée Nationale du 20.03.2025 la Commission d’Enquête parlementaire sur les modalités du contrôle par l'État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires a offert une tribune à madame Ixchel Delaporte, militante activiste, qui s’est présentée en représentante du « tout nouveau collectif de victimes et anciens du Village de Riaumont », opportunément créé la veille au soir.
L’Association Notre-Dame de Riaumont avait au préalable vivement contesté la présence de cette journaliste en quête de notoriété médiatique abusivement placée sur un pied d’égalité avec les authentiques victimes de violences. L’Association avait écrit à la Présidente pour prévenir du risque qu’elle prenait de discréditer gravement les travaux de la commission qu’elle dirige en donnant la parole à une publiciste de mauvaise foi, faisant l’objet d’un procès en diffamation en cours.
Les propos tenus par madame Delaporte ont malheureusement confirmé les appréhensions exprimées par l’Association de Riaumont qui y répond en ces termes :
Par ses propos tenus lors de la Table ronde du 20,03,2025, Madame Delaporte a encore radicalisé le discours diffamatoire qu’elle développe dans l’ouvrage « Les Enfants-Martyrs de Riaumont » publié en mars 2022 aux éditions du Rouergue, ainsi que dans le documentaire du même nom diffusé le 21 novembre 2024 sur ARTE et depuis en podcast sur YouTube. Les calomnies véhiculées par ce documentaire font l’objet d’un procès en diffamation.
La rhétorique calomnieuse de cette auteure repose sur un amalgame mensonger des pratiques éducatives réelles ou supposées attribuées au Village de Riaumont, comme si elles n’avaient pas évolué entre 1960 et 2019.
- 00:27:13 : « Ça a duré de 1960 à 2019 »
Elle emploie, pour diffuser sa haine un langage catastrophiste et fumeux qui contraste avec les témoignages glaçants, précis et documentés des authentiques victimes entendues ce même jour.
- 00:28:41 : « Violences psychologiques euh… tout à fait extrêmes »
Elle multiple les affirmations mensongères qu’aucun indice objectif et factuel ne peut justifier :
- 01:48:28 : « Ils mangeaient des choses avariées »
- 01:48:56 : « Il y avait des accidents très graves »
Elle accuse pêle-mêle tous les membres de l’encadrement avec une hargne particulière pour les membres de l’équipe médicale et paramédicale gravement mis en cause :
- 01:48:35 : « En fait, ils n’étaient pas soignés »
- 01:48:36 : « Les infirmiers… en fait, c’étaient des prédateurs sexuels »
Sa diffamation s’étend de l’encadrement du Village aux pensionnaires eux-mêmes qu’elle prétend défendre, les présentant comme des gens « détruits » , à qui elle fait dire qu’ils sont des inadaptés — «on n’ était pas adaptés à la société » — et massivement sujets aux « addictions » et aux pathologies sexuelles :
- 01:49:29 : « Les relations avec les femmes, c’est une catastrophe ».
Ces allégations fantaisistes et irresponsables n’engageraient qu’Ixchel Delaporte si elles n’avaient été imprudemment reprises au premier degré par les deux corapporteurs de la Commission d’enquête, soit dans les sessions de ladite Commission, soit lors de leurs diverses prestations médiatiques.
Leur ligne éditoriale met systématiquement en parallèle les institutions de Bétharram et de Riaumont.
« Nous avons visité une vingtaine d’institutions, dans lesquels des crimes atroces ont été commis. La visite de l’institut de la Sainte-Croix de Riaumont (Pas-de-Calais) m’a bouleversé: … Le périmètre de notre commission d’enquête concerne tous les établissements scolaires, quel que soit leur statut. Même si nous n’avons pas constaté de violences systémiques dans les écoles publiques comme à Bétharram ou Riaumont. Les agresseurs ont commis leurs crimes 5... »
Il nous suffira ici de préciser qu’en l’état des différents dossiers judiciaires dans lesquels sont impliqués les religieux de la Communauté Sainte-Croix de Riaumont, un seul et unique ancien pensionnaire s’est constitué partie civile, et que le motif de leur mise en examen concerne des « violences légères sans ITT ». Le fait que madame Delaporte falsifie l’énoncé de ce motif officiel en page 12 de son livre « Les enfants-martyrs de Riaumont » en y ajoutant le motif de « violences sexuelles » suffit à lui seul à disqualifier définitivement la crédibilité de cet auteur.
Les corapporteurs, qui citent cet ouvrage comme unique source, fiable et suffisante, de leur connaissance du dossier font donc preuve d’un amateurisme confondant, qui induit un doute grave quant à l’équilibre de leurs facultés de jugement et à leur impartialité. Leur vocabulaire sensationnaliste : « crimes », « bagne », « tortures » ; ne respecte pas la hiérarchie des qualifications juridiques, déformant a priori dans l’opinion publique la réalité de faits qui ne sont à ce jour pas avérés. Ce comportement porte atteinte au principe de la présomption d’innocence. La diffusion exceptionnellement large de leurs propos constitue une atteinte grave à l’honneur et à la considération de l’institution de Riaumont.
L’Association Notre-Dame de Riaumont proteste par ailleurs contre la longueur injustifiable des procédures qui la visent et qui limitent les libertés fondamentales de ses membres. Elle constate qu’engagé dans une spirale quasi stalinienne, le procès médiatique et politique est en passe de supplanter le procès juridique.

