Introduction par l'avocat de l' Association de défense du Village de Riaumont,

Me NITKOWSKI :

Monsieur le Maire, vous avez accepté d’entendre notre Collectif des victimes de la diffamation et nous vous en sommes extrêmement reconnaissants.

D'autres autorités ne nous ont pas accordé à ce jour ce droit d’être entendus à notre tour.

Vous faites aujourd’hui preuve d'une impartialité que d'autres n'ont pas.

En quelques mots, je voudrais vous résumer ce qu’est cette diffamation que nous subissons, désigner ses auteurs et vous présenter ses victimes. Je voudrais enfin vous proposer un moyen simple et efficace pour que prenne fin cette diffamation qui nuit à la concorde publique et au rayonnement de la ville de Liévin.

 

1 : La diffamation :

Calomnies :

la plus évidente est la première des fake news du livre « les enfants martyrs de Riaumont », Cette «fake n°1 » qui date de mars 2022 prétend que 4 religieux de Riaumont sont mis en examen pour violences sexuelles, ce qui n’est toujours pas le cas à ce jour pour aucun d’entre eux.

Les autres fake news de ce livre ont été abondamment reprises au niveau national, mais aussi international dans le cadre d’une ...

Campagne médiatique et politique :

médiatique :

- un documentaire sur ARTE, traduit en cinq langues,

- une émission d’Envoyé Spécial,

- une cinquantaine de plateaux télévision,

- plus de cinq cents articles de presse écrite et internet

 

politique :

- les deux députés co-rapporteurs ont parlé de « tortures » de « bagne » et même de « combats avec des haches »

- le Conseil Régional des Hauts de France qui, sortant du cadre de ses compétences, a voté une motion qui porte atteinte à l’indépendance de la Justice et à la présomption d’innocence des religieux de Riaumont.

 

Cette diffamation génère :

Des troubles à l’ordre public :

- une école fermée abusivement et six personnes licenciées ; on ne sait toujours par pourquoi, sept ans plus tard.

- ostracisme de la délégation de Riaumont le 11 novembre dernier, toléré par souci d’apaisement.

- 3 incendies dans la période du village de Noël, restés impunis à ce jour.

- scandale de l’exhibitionnisme d’une « femen » aux seins nus devant les familles venant participer au Village de Noël lors de la prétendue « marche blanche » du 13 décembre dernier. Pour une prétendue « marche blanche » militant pour la « protection des mineurs » on pouvait s’attendre à mieux...

- harcèlement qu’a constitué à l’évidence une inspection vétérinaire très inopportunément déclenchée ce même jour, le 13 décembre dernier, un samedi, en plein Village de Noël.

Permettez-moi de poser la question : les femen et la Préfecture de Lens ; « même combat » ?

 

2 : Les diffamateurs :

Ce sont :

- les 500 journalistes peu professionnels qui n’ont pas vérifié leur unique source, à commencer par la fake-new n°1 qui suffit à elle seule à déconsidérer définitivement son auteur

Les diffamateurs, ce sont ensuite :

- des politiques qui font mine de compatir aux plaintes déchirantes de « très nombreuses victimes » dont ils ne s’aventurent pas à donner le nombre. Je vous étonnerai sans doute en vous précisant que le nombre des parties civiles dans ce procès est dérisoire puis qu’il s’élève à deux, dont une purement symbolique, émanant d’une association de protection de l’enfance.

Les diffamateurs, c’est surtout :

- un collectif de moins de 20 personnes qui ne sont pas toutes victimes.
Celles qui ont été effectivement victimes d’abus (nous en connaissons trois) ont été victimes de personnes dont l’éventuelle responsabilité ne doit pas être reportée sur l’œuvre de Riaumont. C’est à la Justice de désigner les éventuels coupables, pas aux politiques ni aux journalistes.

- Et nous en arrivons à celle par qui le scandale arrive : une unique journaliste Ixchel DELAPORTE, auteur intarissable de ces fake news, visée par un procès en diffamation et un procès pour parjure pour ses déclarations irresponsables devant la Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale.

 

3 : les victimes de cette diffamation :

Il y a d’abord évidemment les religieux de Riaumont, qui, confiants dans la Justice de notre pays, gardent le silence depuis trop longtemps maintenant. Ils ne sont pas présents aujourd’hui, leur mise en examen excessivement prolongée leur impose une réserve que nous respectons.

Il y a les familles qui ont fait appel à Riaumont pour être aidées dans leurs difficultés éducatives, scolaires et très souvent sociales et financières.

Il faut le souligner : Dans le cadre de l’actuel procès pour « violences légères », 38 d'entre elles ont été sollicitées de façon pressante par le Ministère Public afin de se porter partie civile contre les religieux de Riaumont. Aucune d'entre elles n'a accepté de le faire.

Dans les media, ces familles sont stigmatisées. On leur dénie le droit d’avoir choisi pour leurs enfants l’éducation dont ils avaient besoin.

Devant la Justice, leur voix trop longtemps étouffée devra être entendue.

Je le répète : aucune des familles, de toutes origines, de toutes convictions de tout niveau social ; aucune de ces familles auxquelles Riaumont a apporté son concours pendant soixante années n’a accepté de se retourner contre Riaumont.

Ces enfants qui ont été accueillis à Riaumont et qui s’en sont bien portés ; les voici : je laisse la parole à l’un d’entre eux.

 

Philippe DROUGARD, ancien pensionnaire

s’est exprimé ensuite :

 

Monsieur le maire, nous souhaitons vous lire cette courte déclaration, rédigée par un collectif d’anciens pensionnaires du village de Riaumont. Nous représentons plusieurs générations d’anciens, certains du temps du père Revet, d’autres, d’après.

S’il y a eu des victimes lors de leur passage à Riaumont, nous souhaitons commencer par leur dire tout notre soutien. Les faits reprochés les plus graves remontent à très longtemps, souvent malheureusement prescrits par la date ou par le décès de leurs auteurs présumés. La justice risque de ne pouvoir être rendue pour eux, c’est bien dommage, et c’est un drame. Savoir que peut être certaines victimes ont dû vivre avec cela est terrible.

D’autres accusations, plus récentes, de violence, courent aussi. Nous souhaitons que la justice fasse son travail, que les coupables effectifs soient punis, et que chacun puisse se reconstruire. Nous demandons que la justice soit rendue en toute indépendance, loin du battage médiatique et des procès en sorcellerie qui ont fleuri çà et là.

Nous voulons que vous sachiez que nous existons et que nous voulons le maintien du village. Nous voulons également, que vous puissiez, en tant que Maire, intervenir auprès de la préfecture et de la justice pour que les procédures avancent.

Tout est en suspens depuis trop longtemps et cela cristallise les tensions et exacerbe les passions.

Notre collectif représente des anciens pensionnaires qui ont gardé un bon souvenir de leur passage à Riaumont. Certes la vie n’y était pas toute rose : il y avait des garçons difficiles, et parfois des éducateurs débordés. Riaumont acceptait de prendre parfois aussi ceux qui avaient été refusés partout. Bref, c’était pour certains le lieu pour rebondir, c’était pour d’autres l’école de la dernière chance.

Et malgré cela, nous avons vécu tous ensemble des choses extraordinaires : des camps scouts grandioses, des grands jeux pleins d’aventures, des activités qui sortaient de l’ordinaire (explo à cheval, accrobranches, descente en radeau…). Nous avons aussi appris les travaux manuels et suivi des formations professionnelles : taille de pierre, ébénisterie, paysagisme, maçonnerie, terrassement… ce n’était pas le bagne que d’aucuns ont dépeint. C’était un projet, et nous l’avons bien vécu.

Tout n’était pas parfait : faut-il pour autant tout jeter ? Nous ne le croyons pas. Riaumont a toute sa place et répond à un besoin particulier.

S’il y a des choses à revoir et à améliorer, faisons-le sereinement. Nous sommes prêts à y participer. Il y a tant de compétences présentes chez les anciens pensionnaires !

Nous ne nous reconnaissons pas du tout dans ce que Madame Ixchel Delaporte décrit. Ce n’est pas ce que nous avons vécu. Nous aurions aimé qu’elle nous laisse aussi la parole pour équilibrer son propos. Nous nous sentons également insultés lorsqu’elle dit que tous les anciens sont détruits et inaptes socialement. C’est mensonger et outrancier.

Nous avons le droit d’avoir bien vécu notre enfance sans être diffamés par la presse ou, encore pire, considérés comme des complices.

 

Me NITKOWSKI

 a repris ensuite la parole pour conclure :

Enfin, parmi les diffamés, Monsieur le Maire, il y a vous et la Mairie de Liévin ainsi que tous les habitants de Liévin que madame Delaporte accuse d'avoir « fermé les yeux » pendant 60 ans devant un scandale qui n'existait pas.

Trop c’est trop.

Monsieur le Maire, je salue encore une fois l’impartialité dont vous avez fait preuve en acceptant de nous entendre.

Nous ne comptons pas vous demander de rompre cette impartialité en prenant parti pour nous et contre les quelques activistes qui nous insultent.

 

Nous avons une tout autre requête :

Cette diffamation et cet acharnement médiatique n'auraient pas lieu si la Justice de notre pays avait fonctionné normalement et rendu le verdict que nous attendons depuis maintenant plus de 7 années.

L’avis de fin d’information de cette procédure a été rendu le 24 juin 2022 par la juge d’instruction du Tribunal judiciaire de Béthune. Rien ne peut justifier que trois ans et demie après la fin de cette information ce procès n’ait toujours pas eu lieu.

 

Six religieux de Riaumont sont depuis 7 ans mis en examen ?

Si certains d’entre eux ont enfreint la Loi,

pourquoi ne sont-ils pas depuis longtemps condamnés ?

Combien de temps ceux qui sont innocents seront-ils encore injustement soupçonnés ?

 

Pourquoi la dimension d’une œuvre éducative exemplaire, plébiscitée par des centaines de familles, se retrouve-t-elle durablement entravée, alors que la Justice se trouve incapable de justifier après sept années d’enquête le coup de force du 17 janvier 2017 qui a provoqué de fait la fermeture d’un établissement que seul un tribunal administratif avait la faculté d’ordonner ?

 

Nous vous demandons d'interpeller les pouvoirs publics et la Magistrature pour que prenne fin le déni de justice dont souffre l'œuvre de Riaumont.